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L’INDE DU NORD – LE RAJASTHAN
Troisième partie

Jaipur, la ville rose trépidante et son Palais des vents !

Dans les rues de Jaipur, il y a les vaches, les éléphants, les vélos, les taxis ainsi qu’une multitude de gens qui se croisent dans un brouhaha de klaxons et de moteurs rutilants ! Donc, on ne sait plus où donner de la tête, au point d’en être (presque) enivré ! Jaipur, c’est un immense bain de foule indescriptible, terriblement sympathique et de même envoûtant à la fois ! Des scènes de vie plus pittoresques les unes que les autres vous téléportent dans un monde parallèle et pourtant bien réel. A Jaipur, nos repères d’européens sont bousculés, chamboulés. Notre esprit est à la fois troublé et stimulé en découvrant cette culture aussi différente. D’ailleurs, c’est tellement complexe de vous décrire autant d’émotions que j’en oublierais le principal de ce paragraphe …

Le Palais des Vents de Jaipur

Nous sommes passés devant le célèbre Palais des Vents (Hawa Mahal), qui est considéré comme l’une des plus belles merveilles de l’architecture rajpoute du pays. Comme tout le monde, j’ai pris quelques photos ! La situation de cet édifice au bord d’une grande avenue de Jaipur est très particulière et surprend toujours lors de sa première découverte, un peu à l’image de la Fontaine de Trevi à Rome qui est imbriquée dans un quartier trop petit pour autant de splendeurs (lire notre article sur Rome en cliquant ici).

En fait, il est difficile de prendre suffisamment de recul et on peut s’imaginer que ce Palais de Jaipur aurait peut-être pu mériter d’être situé sur une grande place ! Cependant, il y a bien des raisons à cela…

Ce Palais construit en grès rouge et rose est composé de 5 étages, 61 loggias aérées et ensuite, il compterait pas moins de 953 niches, balcons et fenêtres … Le tout, formant une façade remarquable, riche en détails et ouvertures qui permettaient au vent de s’y engouffrer afin de rafraîchir l’air chaud ambiant. C’est de là qu’il tient son nom…

Mais, saviez-vous, qu’à l’époque, les femmes du harem royal devaient strictement obéir à la pratique du « purdah » (pratique qui empêchait les femmes d’être vues par les hommes) ? En réalité, ce bâtiment devait surtout servir à distraire les occupantes du harem royal. Ceux-ci pouvaient alors, en toute discrétion et au frais, observer et s’intéresser à la vie de tous les jours dans la rue… Cette façade était une ouverture sur le monde réel, mais toute réflexion faite, cachait une sorte de prison dorée…

Après ce sublime Palais des vents, nous avons découvert le City Palace ou le palais du Maharajah, connu pour sa belle collection de costumes et pour sa remarquable salle d’armes.

L’observatoire Yantra Mandir (Jantar Mantar)

Vous pouvez, également découvrir l’observatoire Yantra Mandir (ou Jantar Mantar) qui est le témoin de la passion du Maharajah Jai Sing II pour l’astronomie. Il fit bâtir cinq observatoires du même genre à Delhi, à Varanasi, à Mathuraet, à Ujjain et aussi celui de Jaipur (1727/1733) qui est le plus important. D’ailleurs, depuis 2010, celui-ci il figure au patrimoine mondial de l’UNESCO. Vous y trouverez des instruments monumentaux aux formes étranges, des cadrans solaires, des rampes et des arcs gradués qui permettent de lire les latitudes, les longitudes, les distances entre les corps célestes ainsi que l’heure correspondant au méridien de Jaipur…

Bollywood, ça vous parle ? 

Nous allions passer à côté d’une expérience hors du commun et mémorable !

De toute évidence, lorsque l’on part en voyage on a souvent envie de découvrir des tas choses mais se rendre au cinéma pour visualiser un film local, est rarement une priorité ! Les Indiens ont un rapport très étonnant avec le cinéma qui les fait vibrer à l’unisson dans les salles obscures.

Concentrez-vous :

Imaginez que vous êtes dans les rues de Jaipur au milieu de cette ambiance si particulière. Vous passez devant un bâtiment d’une autre époque avec une immense affiche colorée de « Bollywood » (une sorte de comédie musicale en version Indienne). Intrigués, vous pénétrez dans ce « vieux » cinéma et vous achetez vos tickets. Vous vous faufilez dans un grand hall sorti tout droit des années 60 et vous patientez quelques minutes avant d’entrer dans la salle, juste le temps de découvrir que tous les locaux grignotent du popcorn et des ailes de poulets dans une ambiance… décontractée et colorée.

Ça y est, c’est le moment de s’engouffrer dans la salle de projection. C’est immense, il y a un bon millier de sièges numérotés et tout le monde s’installe. Le film peut commencer. Les indiens sont friands (c’est un euphémisme !) des acteurs de Bollywood. Le film est en hindi, mais l’intrigue qui se déroule à la manière d’un « Pirates des Caraïbes » va très vite vous plonger dans l’ambiance. Et quelle ambiance ! Les spectateurs filment l’écran avec leurs GSM, ils sifflent, ils chantent, ils dansent, ils crient et ils encouragent même les acteurs…en fait, ils participent complètement à l’aventure de leurs héros ! Parfois, on a même l’impression que les spectateurs agissent sur le film.

En réalité, le cinéma Indien est particulièrement prévisible, presque cérémonial. Un film doit répondre à certains rituels logiques, un peu comme pour réaffirmer l’ordre logique de la vie et du monde.

C’est un spectacle interactif permanent ! Une expérience très enrichissante et vraiment amusante.

La ville fantôme de Fatehpur Sikri

La « ville de la victoire », Fathepur Sikri, fut construite par l’empereur Akbar avec, avant tout, l’ambition de devenir la capitale impériale de l’empire moghol. Elle le deviendra de manière assez éphémère de 1571 à 1584, puisqu’elle sera abandonnée (probablement par un manque cruel d’eau pour les uns ou afin de stabiliser l’empire pour les autres) au profit de Lahore.

Ce qui est très surprenant, c’est que cette ville a été parfaitement conservée jusqu’à ce jour. Cette « ville – fantôme » qui a ainsi été construite par les meilleurs architectes et des milliers d’artisans pour refléter le pouvoir de l’empire, étonnera le touriste par le mélange insolite des meilleurs styles architecturaux mogholes et rajpoutes. On y croise des constructions de style indo-musulman, bouddhiste, hindou et parfois même influencés par l’art d’Europe occidentale.

Ne manquez pas de visiter ces quelques incontournables :

  • La porte d’Agra et le Diwan-i-Am
  • La mosquée Jama Masjid
  • Le Diwan-i-Khas avec son pilier central
  • Le tombeau de Sheikh Salim Chishti
  • Le Panch Mahal et le palais de la Sultane

Notons encore, que dans la grande cour du palais, se tient le jeu d’échecs à taille « humaine » où l’Empereur aurait utilisé de jeunes esclaves en tant que pions pièces…

La ville d’Agra, fief de l’incontournable Taj Mahal

Notre périple touche à sa fin et nous arrivons à Agra dans l’Etat de l’Uttar Pradesh. Nous allons à la rencontre du prestigieux Taj Mahal au soleil couchant. Ce soir, sur la rive du Yamuna, il est perdu dans la brume, il refuse de se dévoiler complètement…ou alors, il se fait désirer. Quel sentiment étrange !

Ainsi, je suppose que chaque être humain a l’image du Taj Mahal gravée quelque part dans sa tête. Alors, imaginez qu’au moment de le découvrir, il se dissimule, il joue avec vos émotions… Quelle désillusion ! Ce soir, nous nous endormirons avec une certaine amertume et certainement un peu de déception. En fait, il n’est peut-être pas si exceptionnel que ça, ce fichu temple !

Demain, nous reviendrons voir l’une de ces 7 merveilles du monde moderne.

L’impatience de la découverte du Taj Mahal

Petit à petit, le jour se lève et les calèches nous attendent pour arriver dans les premiers sur le site. Les files se dessinent déjà à l’entrée de ce temple de l’amour éternel. Ils séparent les hommes des femmes et curieusement, ils séparent également les touristes étrangers des indiens pour lesquels le Taj est particulièrement populaire …

En réalité, le Taj pouvait accueillir jusqu’à 70.000 visiteurs par jour durant les week-ends (très grosse majorité d’indiens) et 10 à 15.000 en semaine. Cet afflux mettait en danger le site et les autorités ont décidé de prendre des mesures afin de limiter le nombre de visiteurs. Ils ont augmenté les droits d’entrée : les étrangers payent +/- 17 € (avant 14 €) et les indiens +/- 2,50 € (avant 0,50 €). De plus, les autorités ont limité le nombre de visiteurs indien à 40.000 par jour. Ces mesures devraient permettre de réduire de 20 à 30 % le nombre de visiteurs, tout en augmentant les recettes destinées à l’entretien et la sauvegarde de ce patrimoine.

Nous pénétrons dans l’enceinte par la cour intérieure (Jilaukhana), qui est composée d’un petit parc entouré de bâtiments ainsi que d’un mur d’enceinte en grès rouge. En premier lieu, vous tombez sur le magnifique Darwaza-i-rauza qui est plus communément appelé « la Grande Porte ». Passage obligatoire afin de pouvoir accéder aux jardins et au mausolée du Taj Mahal. Cette porte d’architecture moghole est merveilleuse. Plus précisément, elle représente une transition symbolique entre le monde réel et le monde spirituel. L’ensemble du bâtiment est parfaitement symétrique et décoré de marbre blanc dont certaines citations tirées du Coran ont étés gravées pour appeler les visiteurs à entrer dans les jardins du Paradis.

On s’engouffre dans le porche décoré d’une porte familière comme l’on retrouve dans les plus beaux contes de milles et une nuits. A l’intérieur, il fait sombre et le moment est arrivé pour enfin découvrir ce monument. A mes côtés, tous les appareils photos sont déjà en action. Petit à petit, la fabuleuse construction émerge de la brume matinale dans toute sa splendeur.

Le Taj Mahal: l’une des 7 merveilles du monde moderne

Le souffle est coupé, plus rien autour n’a d’importance.

« La Couronne de tous les palais » impose l’admiration.

Le Taj Mahal, c’est le symbole de l’amour éternel qui se dresse devant vous.

C’est réellement l’un des plus beaux monuments au monde. La symétrie est parfaite.

Comment est-ce possible d’avoir imaginé et créé une telle splendeur ? En fait, l’Empereur moghol Shah Jahan aimait éperdument sa troisième épouse, Mumtaz Mahal. Au décès de celle-ci, il a voulu créer le joyau le plus parfait afin de perpétuer le souvenir de son épouse. Il a engagés 9 architectes et ordonné la construction de ce mausolée unique afin qu’elle puisse y reposer pour l’éternité. Plus tard, un des ses fils a placé l’empereur en résidence surveillée (prison dorée) dans le Fort Rouge d’Agra. De cet endroit il aurait pu contempler le mausolée du Taj Mahal jusqu’à son décès 8 ans plus tard. Depuis, il repose aux côté de son épouse dans le plus parfait des mausolées.

Avant de visiter le Taj Mahal, nous vous conseillons d’étudier son histoire, son architecture ainsi que sa symbolique et ses légendes.

Vous l’avez compris, le Taj Mahal, c’est bien l’une des 7 merveilles du monde moderne.

Le Fort Rouge d’Agra

Avant de quitter Agra, notre dernière visite fut consacrée à au Fort Rouge dont la puissance militaire ne peut être mise en cause. Ce fut la résidence des Empereurs Moghols. Chacun y a laissé son empreinte comme le grès rouge d’Akbar et de Jahangir ou encore le marbre blanc de Shah Jahan. Un mur de 20 à 33 mètres de haut et de 2500 m de périmètre entoure le fort qui est impressionnant et offre une vue nostalgique sur le Taj Mahal.

Fin d’un voyage fabuleux

Après tout ça, il faut songer au retour en Europe…

Globalement, personne ne peut rester indifférent à cet immense et fabuleux pays rempli d’histoire.

L’Inde regorge de trésors issus d’une histoire tumultueuse et complexe. Elle a de multiples visages et compte des décors époustouflants. Son patrimoine culturel est colossal et souvent méconnu.

Le voyageur doit apprendre au fil des jours à s’habituer à l’inattendu et il devra quitter le pays avec une telle fascination qu’il voudra, fatalement, y retourner encore et encore.

N’hésitez pas à nous laisser un commentaire ci-dessous (un peu plus bas !) Merci 🙂

Eric Dubois

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Commentaires

  • Fabienne

    12 mai 2020

    J’ai eu la grande chance de pouvoir visiter ces sites…. que de merveilleux souvenirs! C’est juste magique! Ces monuments sont extraordinaires: les sites qui m’ont touchés c’est bien évidemment le cinéma art déco avec cette ambiance hors du commun. On rigolait, on sifflait les méchants, on rougissait presque lors d’un baiser… L’observatoire, il faut absolument le faire avec un bon guide car les anciens ont créé des instruments fous encore d’actualité aujourd’hui! Bien évidemment le Taj Mahal qui change de couleur au fur et à mesure du changement de la lumière. Un grand moment… Merci Gigavoyageur de m’avoir rappelé ces si beaux souvenirs!

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