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Lisbonne, vue panoramique en soirée

Avec plus de 3.000 ans d’histoire, Lisbonne fait partie des plus anciennes villes d’Europe. Cette métropole, idéalement localisée ne pouvait qu’être un point de départ important pour l’exploration des mers et des océans. Sous ses faux airs de San Francisco, c’est la ville des grandes découvertes et des explorateurs comme Magellan ou Vasco de Gama.

Dans cet article, nous vous présentons, quelques unes des principales curiosités. Gardez cependant à l’esprit qu’il y a bien plus à découvrir… Lisbonne se mérite et se révèle à ceux qui prennent le temps de se perdre dans ses ruelles.

Quelques chiffres sur la ville de Lisbonne

Lisbonne, capitale du Portugal est une ville dont la municipalité compte environ 545.000 habitants répartis sur 83 km2. En tenant compte des banlieues, l’agglomération nommée « le Grand Lisbonne » dépasse les 2,8 millions de Lisboètes – ce qui la positionne parmi les grandes métropoles européenne devant Lyon ou Bruxelles.

Par sa situation géographique au bord du Tage, Lisbonne baigne dans une lumière particulière qui séduit immédiatement les visiteurs. La ville est chaude, passionnée et son regard est résolument tourné vers l’horizon. Elle préserve pourtant cette part de nostalgie du passé dont ses trams indémodables, ses azulejos colorés ou encore ses miradors perchés sur sept collines.

Un mot intraduisible en français (et dans bien d’autres langues) définit l’âme de Lisbonne mieux que tout autre : la saudade. Une mélancolie douce, un sentiment d’incomplet, une nostalgie de quelque chose que l’on n’a parfois même jamais vécu. Vous comprendrez ce mot en marchant dans l’Alfama au coucher du soleil.

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La mythique ligne du tram 28 à Lisbonne

Qui n’a pas entendu parler de la ligne 28 ? Ces engins tous droits sortis des années 30 (la ligne 28 existe depuis 1930) sillonnent toujours les quartiers sinueux de la ville. Le tracé comporte des virages secs, des montées brutales et des passages étroits qui ne conviennent pas aux trams modernes — c’est précisément ce qui en fait un spectacle permanent. La ligne 28 traverse les quartiers de Graça, de l’Alfama, de la Baixa et d’Estrela. Elle constitue un premier tour de ville pittoresque et authentique.

Conseil pratique — tarifs 2024/2025 : Le ticket acheté à bord coûte environ 3,10 €. Mais le bon plan est d’acquérir une carte Viva Viagem rechargeable (environ 0,50 €) qui vous permet de voyager à seulement 1,65 € le trajet. La Lisboa Card est également une excellente option : elle couvre les transports en commun (trams, métro, bus, funiculaires) et donne accès à de nombreux musées gratuitement ou à tarif réduit. Elle est disponible en formule 24h (~22 €), 48h (~38 €) ou 72h (~46 €). À calculer selon votre programme.

Attention — honnêteté s’impose ! Le tram 28 est devenu tellement populaire qu’il est souvent bondé, surtout en haute saison (juillet-août). Les Lisboètes eux-mêmes l’évitent à certaines heures pour les déplacements quotidiens. Notre conseil : montez à bord tôt le matin (avant 9h) ou en dehors des mois d’été pour profiter pleinement de l’expérience. Et méfiez-vous des pickpockets — c’est leur terrain de jeu favori.

Pour commencer le trajet dans de bonnes conditions, rendez-vous à la Praça Martim Moniz, juste devant l’hôtel Mundial. Vous aurez davantage de chances d’obtenir une place assise. Le trajet jusqu’à Campo Ourique dure environ 40 minutes.

Le centre de Lisbonne, la Praça do Marques Pombal

Prenons comme point de repère la Praça do Marquês de Pombal : c’est le nœud central des transports en commun. Pratiquement toutes les lignes y convergent.

Au nord de la place se trouve le Parque Eduardo VII, un parc élégant avec vue panoramique sur la ville et le Tage. Au sud s’étend la grande Avenida da Liberdade — large boulevard de deux kilomètres bordé d’arbres et de boutiques haut de gamme. Agréable à parcourir, mais attention au portefeuille ! Nous pensons sincèrement que Lisbonne a bien plus à offrir que les grandes avenues. Ce n’est que le point de départ.

Baixa, la ville basse de Lisbonne et le quartier de Chiado

C’est le quartier le plus jeune de Lisbonne — il fut entièrement détruit par le tremblement de terre de 1755 et reconstruit selon un plan quadrillé, ce qui tranche avec le reste de la ville. Il s’articule entre la Praça do Comércio avec son Arc de la Rua Augusta, et la Praça do Rossio avec ses fontaines et le monument Dom Pedro IV.

La rue centrale, la Rua d’Augusta, est piétonne et commerçante. Classique mais incontournable.


Dans ce quartier, ne manquez pas :

  • Le Théâtre National Dona Maria II, au nord de la Praça do Rossio
  • La magnifique gare Estação do Rossio, conçue par José Luis Monteiro et inaugurée en 1890 — une façade néo-manuéline étonnante, souvent ignorée des touristes pressés
  • La Conserveira de Lisboa, rue derrière l’église de Nossa Senhora da Conceição Velha — une institution centenaire spécialisée dans les conserves de sardines, thon et maquereau. Un souvenir incontournable et authentique.

Juste à côté, le Chiado fut au XIXe siècle le quartier des artistes et des penseurs. On y visite le Convento do Carmo (ses ruines sont volontairement laissées à ciel ouvert depuis le tremblement de terre — saisissant). Et surtout, on s’y arrête chez Manteigaria pour goûter les célèbres Pasteis de Nata — ces petites tartelettes à la crème caramélisée qui font l’unanimité depuis des générations.

Le vrai Pastel de Nata : Manteigaria est excellent, mais la véritable institution, c’est la fabrique Pastéis de Belém, dans le quartier de Belém. Ils confectionnent ces petites merveilles depuis 1837, sur base de la recette originale des moines Hiéronymites. Impossibles à égaler ailleurs — et le lieu est en lui-même un voyage dans le temps.

Bairro Alto, le quartier bohème de Lisbonne

(Quartier supérieur ou encore le quartier bohème)

Pour rejoindre le Bairro Alto, prenez l’Elevador de Santa Justa — un ascenseur néo-gothique en métal construit entre 1900 et 1902 par Raoul Mesnier du Ponsard, un élève de Gustave Eiffel. Ou empruntez le funiculaire de Bica, tout aussi pittoresque.

Le Bairro Alto offre des vues panoramiques spectaculaires depuis le Jardim de São Pedro de Alcântara — le Tage, le Ponte 25 de Abril, les toits de tuiles rouges. Un moment suspendu.


Le quartier porte bien son surnom de « quartier bohème » : ruelles pavées étroites, habitants de caractère, multitude de bars et restaurants branchés, petites boutiques créatives. Le jour, il semble presque endormi. À la nuit tombée, il s’anime jusqu’après minuit — la Rua do Norte en est l’épicentre. Ne manquez pas l’église baroque de São Roque (construite entre 1565 et 1573). Vue de l’extérieur, elle semble austère et banale. À l’intérieur, elle cache une merveille de dorures et de mosaïques — c’est la première église jésuite construite hors de Rome, et elle a résisté au tremblement de terre de 1755.

Mouraria — le berceau du fado

Souvent ignoré des circuits touristiques classiques, le Mouraria est pourtant l’un des quartiers les plus authentiques et les plus émouvants de Lisbonne. Coincé entre l’Alfama et le centre, il fut pendant des siècles le quartier maure de la ville — d’où son nom.

C’est ici, dans ces ruelles pentues et colorées, que le fado serait né au XIXe siècle. La musique du peuple, mêlant influences arabes, africaines et portugaises, a trouvé sa voix dans ce quartier de marins, de pauvres et de réprouvés. Aujourd’hui, le Mouraria connaît une renaissance : street art, restaurants de quartier, petites maisons rénovées aux azulejos impeccables, et une atmosphère qui n’appartient qu’à lui.

Notre conseil : La Praça do Intendente, longtemps délaissée, est devenue le coeur battant du nouveau Mouraria. Installez-vous en terrasse, commandez une ginjinha et observez. C’est Lisbonne dans toute sa complexité.

Un article complet sur Mouraria est à venir sur Le Giga Voyageur — restez connectés !

Quartier Alfama, le quartier Maure de Lisbonne

Bienvenue dans l’âme de Lisbonne. L’Alfama se situe sur la colline la plus élevée de la ville et c’est, avec le Mouraria, le seul quartier qui ait survécu au tremblement de terre de 1755. Ce miracle explique son caractère unique : ruelles médiévales, escaliers improbables, linge aux fenêtres, odeurs de sardines grillées, chats indolents sur les murets.


Explorez-le sans itinéraire précis — c’est la seule bonne méthode. Laissez-vous guider par les sons, les odeurs et les pentes. Vous y trouverez le Castelo de São Jorge (avec ses vues exceptionnelles), le Mosteiro de São Vicente de Fora, et la Cathédrale de Sé (Santa Maria Maior), dont la construction débuta en 1147.

Tip : Évitez l’Alfama aux heures les plus touristiques (10h-14h en été). Le quartier retrouve son âme véritable en fin d’après-midi, quand la lumière rasante dore les façades d’azulejos et que les habitants reprennent possession de leurs ruelles.

Quartier de Belém

Le quartier de Belém est éloigné du centre (prenez le tram ligne 15E ou le bus). Mais il est incontournable car c’est de là que partirent les plus grandes expéditions portugaises des XVe et XVIe siècles.


À voir absolument :

La Tour de Belém

Construite entre 1514 et 1521 pour garder l’entrée du port, c’est l’un des symboles architecturaux du Portugal. Elle se visite, mais la file peut être longue : pré-réservez en ligne.

Le Monastère des Hiéronymites

Un immense chef-d’œuvre de l’architecture manuéline, inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Les travaux débutèrent en 1501. À l’intérieur reposent Vasco de Gama et le poète Luís de Camões. C’est l’un des monuments les plus impressionnants que nous ayons jamais visités. Prenez le temps qu’il mérite.

Le Padrão dos Descobrimentos

Le Monument aux Découvertes (1960), dédié aux explorateurs des XVe et XVIe siècles. Vasco de Gama, Magellan, Henri le Navigateur… L’esplanade en calçada à portuguesa est magnifique — et particulièrement glissante par temps de pluie !

Le MAAT

Le Musée d’art, d’architecture et de technologie, aux courbes futuristes sur les bords du Tage. Un contraste saisissant avec le monastère voisin.


Et bien sûr — les Pastéis de Belém. On ne se lasse pas de le répéter.

LXFactory — l’ancienne zone industrielle réinventée

Impossible de clore cet article sans parler de ce lieu si particulier. Dans le quartier d’Alcântara, au pied du Pont du 25 Avril, se cache une ancienne zone industrielle de 23.000 m² entièrement réinventée.

Le LXFactory abrite aujourd’hui restaurants, bars originaux, artisans, artistes, boutiques de créateurs, une librairie labyrinthique qui sort tout droit d’un rêve, une ancienne imprimerie préservée, et une atmosphère réellement unique. À visiter, idéalement le dimanche matin lorsque le marché hebdomadaire s’y installe — livres, vinyles, antiquités, street food. Bref, un endroit pour se perdre !

Excursion indispensable : Sintra

À seulement 30 à 40 minutes de Lisbonne en train depuis la gare de Rossio (une dizaine d’euros aller-retour), Sintra est une escapade d’une journée qui change tout.

Classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO, cette ancienne résidence royale est perchée dans un massif boisé et brumeux, parsemé de palais de contes de fée : le Palácio Nacional de Sintra (en plein centre du village), le Palácio da Pena (aux couleurs vives sur les hauteurs) et le mystérieux Palácio de Monserrate.

Notre expérience : Pour ceux qui veulent aller plus loin, louer une voiture permet de pousser jusqu’à la Cabo da Roca — le point le plus occidental de l’Europe continentale. Une pointe battue par l’Atlantique, au bout du monde. Et depuis le village de Sintra, une balade à pied dans les bois jusqu’aux palais en hauteur est une expérience à part entière — physique mais inoubliable.

Un article complet sur Sintra est à venir sur Le Giga Voyageur !

Gastronomie — manger à Lisbonne comme un Lisboète

Lisbonne est une ville où l’on mange remarquablement bien, souvent pour un budget raisonnable — si l’on sait où aller.

Les incontournables :

  • Pasteis de Nata — déjà mentionnés, mais ça mérite d’être répété. Mangez-les chauds, saupoudrés de cannelle.
  • Bacalhau — la morue salée, préparée selon « 365 façons différentes » (une pour chaque jour de l’année, dit la légende). Le bacalhau à brás (effiloché avec œufs et pommes de terre) est un classique accessible.
  • Sardines grillées — surtout en juin lors de la Festa de Santo António, mais disponibles toute l’année dans l’Alfama.
  • Caldo verde — soupe de chou kale, chorizo et pommes de terre. Réconfortante et typique.
  • Ginjinha — liqueur de cerise à goûter debout dans une toute petite boutique historique de la Baixa (Ginjinha Sem Rival, Rua das Portas de Santo Antão). Une tradition.
  • Vinho verde — le vin vert, légèrement pétillant, frais et abordable. Parfait pour accompagner les fruits de mer.
  • Huîtres du Tage — moins connues mais excellentes. Cherchez les restaurants de la zone de Belém ou du marché de Ribeira.

Où manger ?

Évitez les restaurants avec menus plastifiés en photos devant la porte — signe quasi infaillible de mauvaise qualité touristique. Préférez les ruelles de l’Alfama ou du Mouraria, ou demandez à votre hôtel où mangent les employés.

Informations pratiques

Quand y aller ? Le printemps (avril-mai) et l’automne (septembre-octobre) offrent les meilleures conditions : températures agréables, foules moins denses. Juillet-août est chaud et bondé — prévoir les visites tôt le matin.

Comment se déplacer ? Le métro est efficace pour les grandes distances. Le tram et les funiculaires pour le charme. La marche reste le meilleur moyen de découvrir la ville — mais prévoyez des chaussures confortables, les pavés et les pentes sont traîtres.

Combien de temps ? 3 nuits minimum pour voir l’essentiel. 5 nuits si vous ajoutez Sintra et une demi-journée à Cascais.

Vous souhaitez organiser votre séjour à Lisbonne ? Consultez votre agence de voyages, elle connaît la ville et les agents sont là pour vous composer un programme sur mesure — qu’il s’agisse d’un city-trip en duo, d’un voyage en famille ou d’une escapade combinée entre Lisbonne & Porto.

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