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Pour commencer, un peu de géographie et d’histoire !

Lanzarote est une île volcanique située dans l’océan Atlantique au large des côtes Marocaines et fait partie de l’archipel des Canaries (Espagne). Sa superficie est de moins de 850 km2 (Belgique : 30.688 km2). Elle mesure environ 60 km de long et 25 km de large. Les côtes sont principalement rocheuses, mais l’île comporte environ 25 km de plage. Lanzarote est également peuplée de +/- 146.000 habitants. Elle est visitée par plus de deux millions et demi de touristes par an dont +/- 30 % d’Allemands, 30 % d’Anglais et 30 % d’Espagnols.

En septembre 1730, la terre s’est ouverte dans la région de Timanfaya et une énorme montagne s’est élevée des entrailles de la terre. Pendant 6 ans, la lave a coulé et s’est répandue au sud jusqu’à recouvrir un quart de l’île. Aujourd’hui, cette région est un parc naturel impressionnant de 200 km2 sur lesquels s’élèvent 25 cratères en sommeil. En 1824, les éruptions ont repris dans la région et ont causé de terribles famines qui ont contraint une bonne partie de la population à fuir l’île. Ses habitants ont depuis façonné le paysage grâce aux techniques agricoles de culture sur des lapillis (fragments de lave éjectés par les volcans sous forme de petites pierres).

Son climat est subdésertique, mais beaucoup plus tempéré que sa latitude ne le laisse supposer, ce qui est principalement dû aux alizés et au courant froid des Canaries. Le vent est pratiquement toujours présent. Pendant notre séjour, il a soufflé entre 25 et 60 km/h sans interruption.

L’île a su préserver un caractère unique en protégeant le paysage originel grâce à un formidable artiste local, César Manrique. Architecte visionnaire, il a créé des aménagements touristiques incroyables tels le Jardin de Cactus, le restaurant panoramique El Diablo, le Mirador de la Pena, …

Grâce à ce patrimoine naturel exceptionnel que les habitants de Lanzarote ont su préserver, l’île a été déclarée Réserve de la Biosphère par l’UNESCO en 1993. Et en 2015, elle a été la première destination au niveau mondial certifiée par le label Biosphere Responsible Tourism.

Vous l’avez compris, Lanzarote n’est pas qu’une île désertique, exposée aux vents et sans intérêt culturel !

Le voyage: départ de Bruxelles

Nous avons choisi de partir avec SN Brussels Airlines. Les horaires étaient très avantageux et les prix intéressants puisque nous avions réservé en décembre pour partir en juillet. Les tarifs de base ne proposent aucun service complémentaire. Il faut être attentif et vérifier que les bagages soient bien inclus dans le prix du billet !!! Les boissons et snacks sont payants à bord et ce, à des prix tout à fait raisonnables. Notez que vous pouvez (devez) effectuer un pré-check-in gratuit en ligne à partir de 24 h avant le départ. Cela vous permettra d’obtenir des sièges côte à côte si vous voyagez à plusieurs. Si vous ne remplissez pas cette formalité, il est fort probable que vous voyagerez à côté d’inconnus ! Le vol a une durée de 4 h avec une heure (en moins) de décalage horaire à destination.

Au départ de Bruxelles, vous pouvez également opter pour TUI Fly. Les tarifs proposés sont systématiquement hors bagages, repas et pré-réservation de numéro de siège. Ces options sont possibles sur simple demande (et moyennant paiement).

Une autre alternative est de partir du Luxembourg avec l’excellente compagnie Luxair Airlines. Les bagages et les repas sont inclus. Par contre, la réservation de siège est payante si vous prenez uniquement le billet d’avion. Dans le cas d’un forfait Vol + hôtel avec Luxairtours, c’est inclus !

De l’aéroport d’Arrecife, nous avons pris un taxi pour nous rendre à l’hôtel qui se trouve à Teguise (+/- 17km). Vous pouvez compter un budget de +/- 25 € par trajet.

Découverte de l’hôtel – Palacio Ico

Sur la route, les paysages sont surprenants. Il y a très peu, voire pas de végétation (ce qui nous change) et les constructions sont blanches et n’ont, majoritairement, qu’un seul étage. En entrant dans le village de Teguise, c’est le calme plat hormis les quelques papiers qui s’envolent ! Il manque juste la musique du film « Le bon, la brute et le truand ».

Le taxi s’arrête et nous découvrons la façade de notre hôtel. Waouw ! Quel caractère ! C’est un bâtiment datant de 1690 complètement réhabilité dans un style local et traditionnel. Nous pénétrons dans la réception et sommes accueillis comme des amis. La réceptionniste nous présente l’histoire de l’hôtel ainsi que le concept de celui-ci. Elle prend le temps de nous expliquer l’île, les curiosités à découvrir et les incontournables à ne rater sous aucun prétexte ! Nous prenons possession de notre chambre, une bonne douche et nous nous sentons comme chez nous.

Il est 19 h 30, c’est l’ouverture du restaurant et nous nous empressons de passer à table. La salle est assez petite, l’atmosphère est paisible : c’est une autre époque.

La carte est variée, elle nous donne envie de tout essayer ! Le service est particulièrement attentionné.

Les plats annoncés à la carte sont aussi bons que surprenants. Quel délice !

Le lendemain, nous avons rendez-vous avec Papagayo Bike à l’hôtel pour la livraison de vélos électriques. Ils sont pile à l’heure ! Les vélos sont en très bon état, les explications sont claires et des idées d’itinéraires sont suggérées. A priori, c’est encore un bon choix !

La route des vins vers La Geria

Que l’aventure commence !

Un dernier regard sur la carte et nous voilà partis sur la route des vins en direction de La Geria ( +/- 25 km). Nous prenons des chemins secondaires en terre, gravier et sable ainsi que des tronçons de routes nationales. Il y a de belles côtes et un vent puissant…On comprend très rapidement l’utilité d’un vélo électrique.

Les paysages sont vastes et étirés, brûlés par le soleil, desséchés par le vent et parsemés de roche de lave. Plus on descend vers le sud, plus le décor est noir. Plus aucun doute, nous sommes bien sur une île volcanique ! Lorsque l’on arrive à La Geria (région viticole), le décor est saisissant. Chaque pied de vigne est isolé dans une sorte de « niche » creusée dans les gravas de lave et protégée du vent par un muret en pierre. Les creux de vigne permettent de récupérer la rosée et de protéger les pieds du vent.

La bodega El Grifo (à visiter) est née au XVIII ème siècle et est l’une des 10 plus anciennes d’Espagne. On compte, aujourd’hui à Lanzarote 18 vignobles “commerciaux” (liens en bas de page) mais de nombreuses familles possèdent des vignobles privés qu’ils utilisent pour leur consommation personnelle. Les vins de Lanzarote sont produits en faible quantité, ce qui ne les empêchent pas de se distinguer dans des concours Internationaux, comme à Lyon (Bodega Vulcano de Lanzarote, Or 2019).

Sur la route principale qui va d’Uga à Mozaga, on trouve plusieurs « Bodegas » et quelques bars à tapas. Ils sont tellement faciles d’accès que des cars emplis de touristes s’y arrêtent. La plus fréquentée est sans doute la bodega de La Geria. Pour mieux profiter du paysage et du calme, il est judicieux de prendre les routes secondaires. On y trouve de petits restos bien sympas avec des vues formidables comme ci-dessous.

Si vous louez une voiture, il est important de suivre les routes nationales, mais n’hésitez pas à chercher des coins plus calmes pour vos petites pauses !

La journée se poursuit avec une folle envie d’aller à la plage. Un bref regard sur la carte et nous partons vers le nord-ouest à Famara (+/- 30 km). La route que nous suivons longe le parc national de Timanfaya (nous aborderons le sujet plus tard !).

La route est assez facile, mais on fait face à un vent soutenu tout au long du trajet et sommes très heureux d’avoir une assistance électrique. Au moins, nous découvrons les paysages à notre rythme, sans nous griller. Famara est un petit paradis pour les surfeurs. La longue plage de sable est magnifique. La mer est agitée par des vagues soutenues (drapeau rouge) garnies de surfeurs. Le bruit de cette nature sauvage est envoûtant.

On remonte sur les vélos, il nous reste 12 km pour rentrer à l’hôtel et finir notre soirée au calme.

Lorsque vous êtes à Famara, je vous conseille de réserver (impératif) une table côté mer (fenêtre) au restaurant El Risco. Il est situé en bord de mer et au début de la plage de Famara. La vue sur la baie est juste formidable. Ce n’est pas spécialement bon marché, mais les plats sont de très bonne qualité et le service est attentionné malgré la forte fréquentation.

Le chemin de terre (et cailloux) pour rentrer à Teguise nous offre des panoramas fabuleux. Les paysages défilent laissant derrière nous la plage de Famara. Nous en avons vraiment plein les yeux. Le choix d’avoir des VTT est excellent et nous permet de profiter de cette nature si particulière.

Découverte de Teguise

Cette nouvelle journée sera dédiée à la découverte de Teguise avec un peu de shopping et surtout pour laisser la peau (de mon épouse) se reposer. Après une journée d’exposition sous les nuages, elle est brûlée ! Le vent, les nuages (et le vélo) ne permettent pas de sentir l’intensité du soleil…Et pourtant il est bien présent. Il est donc primordial de se protéger correctement …

Teguise était l’ancienne capitale de Lanzarote jusqu’en 1852, année du changement au profit d’Arrecife. Aujourd’hui, cette commune est l’une des plus anciennes de l’île et elle est reconnue comme « ensemble architectural, historique et artistique ». Il faut prendre le temps de déambuler dans ses ruelles et profiter de son ambiance particulièrement accueillante et conviviale. Tous les dimanches de 9 h à 14 h, il y a une sorte de marché aux puces (beaucoup de babioles). Des cars débarquent en nombre et le village perd de sa quiétude. Notez que les meilleurs achats se font dans les quelques boutiques…. à découvrir hors de la cohue, mais pas le lundi (car pratiquement, tout est fermé.) ! 

A 2 km du centre, on trouve le Castillo de Santa Barbara qui abrite le modeste et petit musée de la piraterie. Les vues de ce château sur la région sont impressionnantes. Rien que pour cela, la visite en vaut la peine !

La route entre Arrecife et Puerto Del Carmen en longeant la côte

Il faut compter environ 35 km par trajet et cette sortie permet de découvrir la côte la plus touristique de l’île. Ce qui est intéressant est qu’il y a une route avec de longs passages équipés de pistes cyclables avec très peu de dénivelé. C’est une solution agréable pour une balade sans effort. Cette sortie nous a permis de découvrir de nombreuses plages calmes et imbriquées à proximité des centres touristiques hyper animés. Vous trouverez dans cette zone un nombre incalculable de bars, restaurants et commerces en tous genres et pour toutes les bourses.

Les piscines naturelles de Punta Mujeres et Playa de la Garita

Vous devez compter +/- 30 km au départ de Teguise jusqu’à Punta Mujeres. L’idéal est de passer par Teseguite et ensuite Guatiza. On trouve, dans cette région, des tas de figuiers de barbarie utilisés pour la production des cochenilles (insectes parasite du figuier). Celles-ci sont utilisées pour la production d’un colorant rouge naturel, le carmin. Mais quel bonheur de pouvoir manger des figues toutes fraîches… Encore faut-il être équipé et savoir comment les ouvrir sans se planter des épines dans les mains ! A la sortie du village vous pouvez visiter le Jardin de Cactus qui a été conçu par César Manrique. C’est un lieu assez exceptionnel par sa conception, cependant beaucoup de gens ne semblent pas satisfaits de devoir payer 5,80 € d’entrée. Pourtant, ces sommes permettent au site d’être parfaitement entretenu, de survivre, mais surtout de soutenir les actions du « CACT » (centres d’art, de culture et de tourisme) dont la mission est de préserver et défendre les valeurs du territoire déclaré Réserve de Biosphère et Géoparc par l’UNESCO, ainsi que de promouvoir et sensibiliser les gens à l’environnement.

Avant d’arriver à Punta Mujeres, vous pouvez vous arrêter à Arrieta et manger face à la plage. Il y a le restaurant « La Casa de La Playa » très fréquenté par les locaux et souvent bondé de monde mais dont la cuisine locale est de très bonne qualité, copieuse et à des prix vraiment raisonnables. Le service peut être lent et inefficace…N’oubliez pas que vous êtes en vacances ! Moi, je valide le rapport qualité / prix !

Vous découvrirez les piscines naturelles à 5 km d’Arrieta. La côte est rocheuse, sauvage et garnie de petites maisons blanches traditionnelles faisant face à la mer. Les piscines ont été aménagées par l’homme pour permettre d’être protégés du vent en profitant d’une eau tempérée et calme. Pensez à vous munir de sandales en caoutchouc, vos pieds vous remercieront !

Le parc national de Timanfaya

Se rendre au parc national de Timanfaya, c’est la garantie d’être impressionné par la nature. Le faire à vélo, c’est voir les détails du paysage en profondeur. C’est prendre le temps de s’imprégner du décor « lunaire » et comprendre pourquoi il n’y a qu’une seule route pour s’y rendre ! C’est un territoire de 200 km2 d’une rugosité extrême. Il n’y a pratiquement aucune végétation, c’est une mer de lave compacte et tranchante, un paysage chaotique.  

Comment le visiter ?

Il y a peu de solutions, vu la complexité du site.

La plus simple est de se rendre sur les Montagnes de Feu via le Taro (barrière de contrôle sur la route LZ-67) où il faut payer un droit d’entrée de 8 € par personne. Ce prix comprend le parking et le parcours en bus par la Route des Volcans. Il n’est pas possible de descendre du bus et de se promener sur le site, cependant, ce tour de 40 minutes permet de découvrir l’univers impressionnant du parc. Après le tour en bus, vous pouvez manger dans le restaurant El Diablo, qui est encore une œuvre de C. Manrique, avec une vue hallucinante sur les volcans. Le restaurant a la particularité de cuire ses plats à la chaleur naturelle que lui fournit la terre. A 10 mètres sous les pieds, le sol bouillonne à 300°… Attention, il est recommandé de manger à la carte et certainement pas avec un forfait proposé dans des excursions organisées !

Sur la LZ-67 vers Yaiza, vous avez la possibilité d’effectuer une randonnée à dromadaire. C’est la station Echadero de Camellos. (pas expérimenté)

Ensuite, possibilité de profiter du site sur des sentiers de randonnées :

  • Soit l’itinéraire de Tremesana pour un parcours guidé de 2 km sur réservation au +34 928849839
  • Soit l’itinéraire du littoral qui peut être parcouru librement (en respectant les consignes strictes de sécurités et de protection de l’environnement).

Nos articles liés

Quelques lieux intéressants à visiter :

Les principales Bodegas de Lanzarote:

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Commentaires

  • OLIVA

    9 août 2019

    Jamais aussi bien servi que par soi-même 🙂 . Riche en liens!

    répondre...
    • Stéphan

      22 août 2019

      Merci Oliva 😉
      Toutes les remarques sont les bienvenues ! N’hésitez pas à nous communiquer vos attentes en vue d’améliorer nos articles et nos contenus 🙂
      A bientôt !

      répondre...
  • Rafael

    24 août 2019

    Article lu par chance deux jours avant notre départ pour Lanzarote. En plus d’une lecture attrayante, cela à été super utile et inspirant. Une aide afin de planifier notre séjour!

    répondre...
    • Stéphan

      26 août 2019

      Bonjour Rafael, un grand merci pour ce commentaire ! C’est très motivant … Nous ferons notre possible pour améliorer nos contenus. Encore merci !

      répondre...
  • Greg

    3 septembre 2019

    Ça donne envie de partir là bas ,très bien détaillé, c’est sûre on ira!!

    répondre...
    • Stéphan

      26 septembre 2019

      Merci pour ce commentaire Greg ! 🙂

      répondre...
  • Warenghien Curtis

    27 septembre 2019

    Article Bien détaillé, pourquoi pas ! Destination romantique..
    Merci.

    répondre...
  • Balthasart Maurine

    27 novembre 2019

    Superbe article, qui, en plus, propose un type de séjour assez particulier mais vraiment dans notre ère.
    J’adore ! Merci pour ce partage.

    répondre...
    • Stéphan

      27 novembre 2019

      Bonjour Maurine, merci pour le commentaire. Ce voyage est réellement accessible et l’expérience était franchement formidable 🙂

      répondre...
  • Juju

    15 juillet 2020

    Lanzarote est vraiment une destination surprenante ! Nous sommes partis en dernière minute à cause de cette crise du corona et pas de regrets ! Bon, on a préféré louer une voiture mais les conseils étaient top et on a vraiment adoré Famara et le resto El Risco ! Timanfaya, c’est impressionnant même si c’est un peu trop “organisé”, ça vaut vraiment la peine

    répondre...
  • Sarah

    29 juillet 2020

    Vous m’avez inspiré un voyage que je réalise très prochainement avec mon copain, départ le 12 août! Petite question : qu’avez vous pensé de la difficulté de rouler à vélo? Je remarque que vous avez fait également pas mal de kilomètres, c’est ce que nous comptions faire, mais nous avons des doutes sur nos qualités sportives HAHA!

    Merci pour ce super article superbement bien écrit et détaillé. Et, Merci d’avance pour vos réponses.

    répondre...
    • Stéphan Ruimi

      31 juillet 2020

      Bonjour,
      J’ai bien reçu votre question 😊 et suis très heureux de pourvoir y répondre.

      Si vous utilisez des vélos classiques, vous aurez de sérieuses difficultés ! Les distances peuvent être longues avec de sérieux dénivelés et surtout un vent puissant qui vous donnera l’impression de ne pas avancer…

      Par contre, avec des vélos électriques, c’est tout en douceur ! Les dénivelés seront franchis sans peine et le vent ne sera pas désagréable.

      Le vélo électrique vous donnera l’envie de remonter sur un vélo sans vous dégouter. Vos qualités sportives seront largement suffisantes, pas de panique ! Je vous suggère d’opter pour des VTT, ce qui vous permettra de prendre de nombreux chemins parallèles aux routes qui sont parfois fort fréquentées.

      J’espère que cet avis vous éclaire ! 😊

      répondre...